MONTPELLIER 1999. LES GOUMS MAROCAINS ET LES AFFAIRES INDIGÈNES DU MAROC AU MUSÉE DE L'INFANTERIE.

 

 Réalisation capitaine (er) Michel BARBAIZE.

 

 

Edifice du musée infanterie.
Musée de l'infanterie de Montpellier.

 

En 1956, alors que la page magnifique de l’histoire franco-marocaine était tournée, il devenait nécessaire de rassembler dans un « haut lieu », les souvenirs et les trophées des Goums, de perpétuer la mémoire de ceux qui y étaient glorieusement tombés.

Aussi, dès l’indépendance du Maroc, le Colonel Aunis, dernier chef de corps des Goums et du personnel des A.I, dont la famille a des attaches tourangelles, ayant appris que le château de Montsoreau était vide, prit contact avec les représentants du Conseil Général de Maine et Loire, propriétaire de l’immeuble. Très spontanément, ils donnèrent le feu vert à l’installation du musée. Le Colonel en chargea alors le Capitaine Boudet, chef du 4e bureau de son état-major, auquel il adjoignit un commandant de Goum, le Capitaine Marion.

Ces deux officiers rassemblèrent à Rabat les souvenirs des différents Goums et notamment ceux déjà installés par le Capitaine Boudet au « cours » des officiers des A.I. dont une importante rétrospective iconographique retraçant leur histoire depuis leur création jusqu’à 1954.

Tous les souvenirs étaient dirigés sur Montsoreau, l’installation était terminée en août 1956 et la sonorisation mise en place dès 1957.

Dans ce musée, on pouvait revivre l’histoire de la pacification marocaine, puis celle de la grande épopée de la Libération, au cours de laquelle le Général Guillaume a conduit les Goums de l’Atlas au Danube en passant par Tunis, Casino, Rome, Marseille, Belfort et le lac de Constance, sans oublier la Corse et l’île d’Elbe, ainsi que la Sicile.

En mars 1997, suite à la décision unilatérale du Conseil Général de Maine et Loire (et malgré les engagements pris en 1956) de rompre le bail d’occupation au Château de Montsoreau du Musée des Goums et des Affaires Indigènes du Maroc, les collections du Musée ont donc quitté ce « haut lieu », en accord avec le Ministre de la Défense, pour être incorporées au Musée de Tradition de l’Infanterie sur le site de l’Ecole d’Application de l’Infanterie à Montpellier.

Le transfert de la collection (dépôt du musée de l’armée) à destination du musée de l’infanterie a eu lieu en 1998.

Son importance a nécessité un choix parmi les pièces et objets les plus parlants, afin qu’ils soient exposés dans l’unique salle destinée à la « Koumia ».

Le reste des collections a été mis en état de conservation dans les réserves du Musée de l’Infanterie.

La salle des Goums Mixtes et des Affaires Indigènes a été inaugurée le 19 mai 1999 par monsieur Masseret, Secrétaire d’Etat à la Défense Nationale.


En 2010, était décidé le regroupement de l'Ecole de l'infanterie avec l'Ecole de l'artillerie sur le site de Draguignan (Var). Le musée de l'infanterie perdait ainsi son support matériel et technique. Les collections (environ 30.000 pièces) étaient alors mises en caisses  en deux phases:

- de juillet à septembre 2009, les collections des Goums mixtes marocains et des Affaires indigènes, pour être rapatriées sur le musée des Armées;

- d'octobre 2009 à juillet 2010, les collections du musée de l'infanterie, pour être stockées sur le site de Saint-Astier (Dordogne) dans l'attente de la concrétisation du projet de son implantation sur le site de Neuf-Brisach (Alsace).

Il est alors apparu que la salle des Goums mixtes marocains et des Affaires indigènes devait continuer d'exister, telle qu'elle était avant son transfert. Ainsi, à partir d'une base de données iconographiques constituée avant le déménagement, le site internet de la Koumia permet de visualiser ce haut lieu de mémoire mais aussi et surtout d'appréhander au mieux l'histoire de ces troupes exceptionnelles de l'Armée d'Afrique.


La visite illustre l'histoire des Goums et des A.I sous forme de synthèse, et présente les diverses vitrines dans un ordre chronologique, détaillant au sein de chacune d'entre-elles les pièces de collections dans les domaines militaires, artistiques, ethnologiques et ethnographiques (uniformes, emblèmes, fanions, armements, matériels, peintures, insignes, décorations).

Ce site donne une idée des richesses des collections des Goums et des A.I qui ont été exposées à Montpellier jusqu'en 2009 et qui devraient être hébergées, à terme, à Draguignan future implantation du musée de l'infanterie.